Après une amélioration au deuxième trimestre, l’emploi intérimaire repart nettement à la baisse en juillet. Les effectifs reculent de 3,7 % sur un an et tous les grands secteurs d’activité sont désormais dans le rouge. La Bretagne est particulièrement touchée avec une chute de 12,3 %.
Le secteur du travail temporaire espérait entrevoir une stabilisation après trois années consécutives de recul. Les chiffres de juillet viennent fragiliser cette perspective.
736 760 emplois intérimaires en équivalent temps plein
Premier signal d’alerte : l’industrie bascule dans le rouge
C’était jusqu’ici le principal moteur de résistance du travail temporaire. Après une progression de 3,8 % en juin, l’intérim industriel recule de 0,3 % en juillet sur un an.
Le retournement est particulièrement significatif puisque l’industrie représente près de 40 % des effectifs intérimaires.
Deuxième signal : la dégradation gagne les territoires
Les écarts entre régions restent importants. Les territoires bénéficiant d’un tissu industriel dense résistent généralement mieux, mais leur dynamique ralentit.
Troisième signal : les employés particulièrement touchés
La baisse n'affecte pas toutes les qualifications avec la même intensité. Les employés enregistrent le recul le plus marqué, notamment sous l’effet de la faiblesse du commerce et de la logistique.
Le CDI intérimaire poursuit son recul
Autre indicateur à surveiller : le CDI intérimaire représente désormais 39 500 ETP, soit 5,4 % des effectifs des agences d’emploi.
Ce contrat permet aux entreprises de travail temporaire de fidéliser certains salariés intérimaires tout en leur assurant une rémunération entre deux missions, en contrepartie notamment d’une obligation de disponibilité.
L’incertitude budgétaire inquiète la profession
À cette dégradation de l’activité s’ajoute une incertitude : l’évolution éventuelle des allègements de cotisations patronales dans le cadre des discussions budgétaires pour 2027.
Les entreprises de travail temporaire sont particulièrement sensibles à l’évolution du coût du travail compte tenu du poids de la masse salariale dans leur chiffre d’affaires.
Sources :
Les Échos – Ninon Renaud – 15 septembre 2026
Baromètre Prism’emploi – Emploi intérimaire, juillet 2026


