Le baromètre 2026 de l'Apec confirme un ralentissement préoccupant des rémunérations des cadres. Moins d'un cadre sur deux a bénéficié d'une augmentation, la rémunération variable recule et le pouvoir d'achat continue de s'éroder. Une situation qui soulève des questions sur la reconnaissance du travail et des responsabilités.
Publié en novembre 2026, le baromètre de l'Apec repose sur une enquête menée auprès de 19 000 cadres du secteur privé. Ses résultats mettent en évidence une dégradation de la dynamique salariale, malgré des différences selon les métiers, les générations et les secteurs d'activité.
Une rémunération médiane en baisse
La rémunération fixe médiane reste stable à 52 000 €.
Cette diminution de 1,8 % de la rémunération globale médiane constitue une première depuis 2010. Elle s'explique notamment par le recul des augmentations et par la diminution du nombre de cadres bénéficiant d'une rémunération variable.
Les augmentations se raréfient
2025 : 53 %
2026 : 46 %
En deux ans, la proportion de cadres ayant bénéficié d'une augmentation a chuté de 14 points. Le ralentissement touche toutes les générations, avec des conséquences particulièrement marquées pour les cadres de 30 à 49 ans.
36 % seulement des cadres de 50 ans et plus ont bénéficié d'une augmentation.
La rémunération variable sous pression
La rémunération variable, qui comprend notamment les primes sur objectifs et les bonus, constitue un élément important de la rémunération de nombreux cadres.
Le commerce se distingue comme le secteur où la rémunération variable occupe la place la plus importante. Pour les cadres concernés, elle représente en moyenne 13 % de leur rémunération totale en 2026, contre 14,6 % en 2024.
Cette évolution mérite une attention particulière dans les métiers commerciaux et les fonctions d'encadrement, où les résultats et les objectifs peuvent représenter une part significative de la rémunération.
Le pouvoir d'achat continue de reculer
Depuis 2007, la perte cumulée atteint 11,6 %.
Selon l'Apec, 60 % des cadres déclarent ressentir une dégradation de leur pouvoir d'achat au cours des douze derniers mois, contre 55 % en 2025.
Les cadres des services, du commerce et des petites et moyennes entreprises sont particulièrement concernés par cette érosion.
Une insatisfaction qui dépasse la rémunération
Le sentiment de perte de pouvoir d'achat est associé à une moindre satisfaction au travail.
Si 69 % des cadres restent globalement satisfaits de leur poste, seulement 57 % se déclarent satisfaits de leur rémunération et 38 % de leurs perspectives de carrière dans leur entreprise.
Ces résultats soulignent l'importance de la reconnaissance salariale, mais aussi des perspectives d'évolution professionnelle et de la fidélisation des compétences.
La mobilité reste un levier d'augmentation
61 % de ceux ayant changé d'entreprise sans période de chômage.
42 % des cadres restés au même poste.
La mobilité interne reste donc un levier important de progression salariale. À l'inverse, les cadres qui ne changent pas de poste bénéficient moins fréquemment d'une augmentation.
Égalité salariale : des écarts persistants
En 2026, les femmes et les hommes cadres ont bénéficié d'augmentations dans les mêmes proportions : 46 %. Pour autant, les inégalités salariales demeurent.
6,8 % Écart de rémunération fixe à poste et profil comparables.
L'étude confirme que la réduction des inégalités salariales reste lente, malgré les avancées observées ces dernières années.
Et en Bretagne ?
Les rémunérations médianes varient sensiblement selon les territoires. La Bretagne se situe sous la médiane nationale, tandis que l'Île-de-France affiche une rémunération médiane de 58 000 €.
Transparence salariale : des progrès à poursuivre
En 2026, 68 % des offres d'emploi cadre publiées sur apec.fr affichent une rémunération ou une fourchette salariale.
Toutefois, près d'un cadre sur deux ne sait toujours pas situer sa rémunération par rapport à celle de collègues occupant un poste comparable.
La transparence des rémunérations représente donc un enjeu majeur pour renforcer l'équité, la confiance et la lisibilité des politiques salariales.
Les différences selon les générations, les secteurs et les territoires rappellent la nécessité de politiques salariales équitables, transparentes et adaptées aux responsabilités exercées.
Source :
Apec – Baromètre 2026 de la rémunération des cadres, novembre 2026
Enquête menée en juin 2026 auprès de 19 000 cadres du secteur privé.


