L’Italie renforce l’encadrement de l’intelligence artificielle dans le monde du travail. Les décisions concernant le recrutement, l’évolution ou la rupture du contrat de travail ne pourront pas reposer uniquement sur un système d’IA : la décision finale devra rester humaine.
Le Conseil des ministres italien a approuvé deux premiers décrets d’application de sa loi nationale sur l’intelligence artificielle.
Le texte vise notamment les usages de l’IA dans les relations de travail : recrutement, modification du contrat, sanctions disciplinaires ou licenciement.
Une décision humaine obligatoire
Les décisions ayant un impact direct sur la vie professionnelle d’un salarié ne pourront pas être prises uniquement sur la base d’un système d’intelligence artificielle.
La décision finale devra être prise par une personne physique, qui restera responsable du choix effectué.
Un droit à l’explication pour les travailleurs
Les salariés concernés par une décision ayant un impact sur leur parcours professionnel pourront demander à en comprendre les raisons.
Les explications devront être compréhensibles, vérifiables et pouvoir être rattachées à un décideur humain clairement identifié.
Une approche « anthropocentrique » de l’intelligence artificielle
L’Italie présente son dispositif comme une approche centrée sur l’humain : l’innovation technologique doit rester compatible avec la dignité, les droits fondamentaux et la responsabilité humaine.
L’objectif n’est donc pas d’interdire l’IA dans le monde du travail, mais d’éviter qu’elle ne se substitue totalement à l’appréciation humaine dans les décisions les plus sensibles.
Informer et former les salariés
L’introduction de systèmes d’intelligence artificielle dans l’entreprise devra également tenir compte de la santé et de la sécurité des travailleurs.
Les employeurs devront informer et former les salariés sur les risques spécifiques liés à ces outils et sur les mesures de prévention mises en place.
Anticiper l’évolution des compétences
Le ministère italien du Travail devra également coordonner des mesures de requalification professionnelle afin d’accompagner les transformations provoquées par la diffusion de l’IA.
L’objectif est notamment de prévenir l’obsolescence des compétences et de favoriser l’adaptation des salariés aux nouveaux outils et métiers.
Des décrets encore soumis à validation
Les textes approuvés par le gouvernement italien doivent encore suivre leur parcours institutionnel.
Ils doivent notamment être examinés par les commissions parlementaires et les autorités de régulation compétentes avant leur entrée en application définitive.
Source :
Actualité européenne relative aux premiers décrets italiens d’application de la loi sur l’intelligence artificielle.
Référence complémentaire : AI Act européen – droit à l’explication des décisions individuelles.


