Niveau de vie, patrimoine, pauvreté : les écarts entre jeunes et retraités alimentent le débat sur la solidarité intergénérationnelle. Les données récentes montrent une situation plus nuancée qu’une simple opposition entre générations.
À l’approche des débats budgétaires, l’idée de faire davantage contribuer les retraités à l’effort collectif revient régulièrement dans le débat public.
Mais que disent réellement les chiffres sur leur niveau de vie, leur patrimoine et leur exposition à la pauvreté ?
Un niveau de vie médian proche de celui de l’ensemble de la population
Selon l’Insee, le niveau de vie médian des retraités s’est élevé à 26 830 euros en 2024.
Il dépassait légèrement celui de l’ensemble des Français, fixé à 26 740 euros, et représentait 92 % du niveau de vie médian des actifs.
Le patrimoine joue un rôle majeur
Les pensions ne suffisent pas à expliquer la situation financière des retraités. Leur niveau de vie est aussi soutenu par le patrimoine accumulé au cours de la vie.
Les retraités disposent en moyenne d’un patrimoine financier plus élevé que les actifs et sont plus souvent propriétaires de leur logement.
Cette situation signifie aussi que beaucoup de retraités n’ont plus de loyer ni de crédit immobilier à rembourser, ce qui améliore mécaniquement leur niveau de vie disponible.
Un niveau de vie moyen supérieur à la moyenne nationale
En intégrant les effets liés au patrimoine immobilier et à la structure des ménages, le Conseil d’orientation des retraites estime que le niveau de vie moyen des retraités dépassait en 2023 celui de l’ensemble de la population.
Les retraités sont moins exposés à la pauvreté
Les écarts sont également marqués lorsqu’on regarde la pauvreté.
En 2024, 10,4 % des retraités vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 15,4 % pour l’ensemble de la population.
Il y a cinquante ans, la pauvreté concernait davantage les personnes âgées. Aujourd’hui, elle touche proportionnellement beaucoup plus les jeunes adultes.
Une situation qui évolue avec l’âge
Les données moyennes ne doivent toutefois pas masquer les écarts importants entre retraités.
Avec l’avancée en âge, les dépenses liées à la santé et à la dépendance augmentent. Le taux d’épargne commence ainsi à diminuer après 65 ans et le patrimoine décroît à partir d’environ 75 ans.
Source :
Les Échos – Nathalie Silbert – 18 août 2026.
Article : « Patrimoine, niveau de vie : la vérité des chiffres sur les écarts entre jeunes et retraités ».


