Un rabais historique sur l’énergie des salariés d’EDF, chiffré à 700 M€, est jugé excessif par la Cour des comptes.Le tarif agent d’EDF, cet avantage en nature qui allège fortement les factures d’électricité et de gaz des salariés, se retrouve dans le viseur de la Cour des comptes. En effet, dans un rapport sur les ressources humaines du groupe, révélé par une dépêche de l’agence de presse AFP, les magistrats financiers estiment que cette réduction représente un "coût démesuré" pour l’électricien public. Derrière la formule, il y a un chiffre : plus de 700 millions d'euros en 2024 pour l’ensemble du groupe EDF et 3,9 milliards d’euros de passifs sociaux liés à son maintien après l’emploi. Autrement dit, le gouvernement dit avoir reçu une "mise en demeure" de la Cour de revoir la valorisation de cet avantage et prépare un arrêté ministériel pour la recalculer, pendant que l’intersyndicale de l’énergie se mobilise et appelle à une grève nationale le 15 septembre 2026.Un avantage historique pour les électriciens et gaziers
Issu du statut des industries électriques et gazières créé en 1946, le tarif agent est un avantage en nature énergie réservé aux salariés et retraités d’EDF, d’ex-GDF (Engie), d’Enedis, de GRDF et de plusieurs distributeurs locaux, rappelle le quotidien régional Sud Ouest. Il permet de payer une fraction seulement du prix "normal" : une large part de la fourniture, de l’acheminement et des taxes est prise en charge par l’employeur.
La Cour souligne que les bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2% des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs". Selon des estimations issues d’analyses spécialisées, environ 300 000 foyers profiteraient de ce dispositif, pour un gain moyen qui peut atteindre 1 000 à 2 500 euros par an, ce qui alourdit mécaniquement les charges d’EDF.
Ce que la Cour des comptes veut changer dans le tarif agent EDFSelon la Cour des comptes, "l'avantage en nature énergie représente un coût démesuré, soit plus de 700 millions d'euros en 2024 à l'échelle du groupe, obligeant également à la constitution de passifs sociaux au titre de son maintien après l'emploi (3,9 milliards d'euros à fin 2024). Il ne peut perdurer en l'état." Les magistrats recommandent de "réduire par étapes l’avantage énergie, en priorité en plafonnant les consommations prises en compte".
Ils préconisent aussi de "revaloriser le barème fiscal et social" sur la base des tarifs réglementés de vente de l’électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises. Le ministère de l’Énergie indique vouloir se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart [...] entre ce tarif et la valeur réelle de l’énergie". Roland Lescure, ministre de l’Économie, cité par Actu Orange, dit partager la nécessité d’examiner des mesures de maîtrise de la consommation, tout en appelant à "un calendrier social adapté".
source: nextplz


