Maintien du chômage jusqu’à la retraite à taux plein : quel âge minimal lors du licenciement ?

Publié le 20 avril 2023


Jusqu’au début de l’année 2023, le salarié qui était licencié à 59 ans pouvait percevoir des indemnités chômage jusqu’à sa retraite à taux plein. Sous le double-effet de la réduction de la durée de l’indemnisation chômage et de la réforme des retraites, cet âge devrait être, sauf nouvelle modification légale, repoussé jusqu’en 2030. Quelles sont les conséquences pour les futurs salariés âgés privés d’emploi ? 

Age lors du licenciement pour percevoir les indemnités pôle emploi jusqu’à la retraite à taux plein. 



Quelle est la différence entre l’âge de la retraite et la retraite à taux plein ?

Par l’âge de la retraite on entend généralement l’âge auquel on peut partir en retraite au plus tôt. Ainsi, à l’heure actuelle, l’âge légal de départ en retraite est de 62 ans (60 ans ou même avant pour certaines exceptions).

Il devrait être, selon la réforme des retraites en cours, repoussé progressivement de 62 à 64 ans entre 2023 et 2030. Toutefois, si le salarié peut partir en retraite à 62 ans, s’il n’a pas cotisé le nombre de trimestres nécessaires pour pouvoir liquider sa retraite à « taux plein » il touchera alors une pension de retraite réduite. Son intérêt est d’attendre, pour justifier du nombre de trimestres cotisés nécessaires, qui s’échelonnent à l’heure actuelle entre 167 et 172, en fonction de l’âge. 

Peut-on continuer à percevoir les indemnités chômage quand on a atteint l’âge de la retraite ?

Le salarié qui atteint l’âge de la retraite (62 ans pour l’instant) et qui justifie qu’il est indemnisé par pôle emploi depuis un an (ainsi que d’autres conditions telles qu’avoir validé au moins 100 trimestres pour sa retraite, être affilié depuis 12 mois à l’assurance chômage, dont 1 année continue ou 2 années discontinues dans les 5 dernières années), restera inscrit à pôle emploi en touchant les indemnités correspondantes jusqu’à ce que se réalise l’une des deux conditions suivantes :

  • Il a atteint le nombre de trimestres nécessaires (puisqu’il continue de cotiser à la retraite en étant à pôle emploi),
  • Il fête ses 67 ans. A cet âge il bénéficie automatiquement de la retraite à taux plein sans réduction des indemnités retraite, et ce même s’il n’a pas cotisé le nombre de trimestres nécessaires.

Les salariés qui ont commencé à travailler tard, et donc les cadres qui n’ont intégré le marché du travail qu’après des études longues, ne sont généralement pas retraitables à taux plein à 62 ans et bénéficient donc de ce dispositif.

Quel est l’âge minimal de licenciement qui permet de conserver les indemnités chômage jusqu’à la retraite à taux plein ?

Dans la mesure où il faut être encore indemnisé par pôle emploi quand on atteint l’âge légal de départ en retraite, il ne faut donc pas qu’il y ait d’interruption de l’indemnisation chômage entre l’inscription à pôle emploi lors du licenciement et l’âge légal du départ en retraite qui, selon la réforme en cours devrait progressivement être repoussé jusqu’à 64 ans en 2030.

Le 1er janvier 2023 l’âge de la retraite étant de 62 ans et l’indemnisation chômage pour les salariés de plus de 55 ans étant de 36 mois, le salarié qui était licencié à 59 ans et dont la durée d’indemnisation chômage lui permettrait d’atteindre l’âge de 62 ans en étant encore indemnisé, restait inscrit à pôle emploi jusqu’à sa retraite à taux plein. 

L’âge de 59 ans au moment du licenciement est-il modifié par la réforme pôle emploi du 1er février 2023 ?

Oui. Depuis le 1er février 2023 la durée d’indemnisation chômage des plus de 55 ans est réduite de 36 à 27 mois.

Le calcul est simple. Le salarié ne doit pas être licencié avant 59 ans et 9 mois s’il entend percevoir les indemnités pôle emploi jusqu’à sa retraite à taux plein.

Quels sont les effets du recul de l’âge de la retraite sur l’âge minimal du licenciement ?

Ils sont très exactement proportionnés. Selon la réforme, l’âge légal de la retraite doit être reculé de 3 mois à compter du 1er septembre 2023 et par la suite de 3 mois chaque année entre le 1er janvier 2024 et le 1er janvier 2030 où il s’établira à 64 ans.

Si la durée d’indemnisation pôle emploi n’a pas varié d’ici là, le salarié ne pourra percevoir les indemnités pôle emploi au-delà de 64 ans jusqu’à sa retraite à taux plein, soit au plus tard 67 ans, que s’il n’a pas été licencié avant 61 ans et 9 mois. 

Quelles perspectives pour les salariés licenciés avant l’âge minimal ?

Ils auront à choisir entre une pension de retraite réduite jusqu’à la fin de leur vie ou le « halo autour du chômage », soit la période pendant laquelle les salariés ayant épuisé leurs droits au chômage et non encore retraitables vivent de leurs économies ou du RSA.

En effet, même s’ils ne cotisent plus à la retraite faute de percevoir une rémunération (salaire/indemnités pôle emploi) ils continuent d’acquérir des trimestres. A l’inverse des salariés en fin de droits qui n’ont pas atteint l’âge légal du départ à la retraite, et qui n’ont pas d’autre solution que de subir le halo autour du chômage, ceux qui sont retraitables ont le choix entre prendre leur retraite à taux réduit ou attendre le moment où ils pourront la prendre à taux plein. Tout dépendra du délai pour pouvoir liquider leur retraite à taux plein et de leur réserves financières.

Ainsi, un salarié qui fête aujourd’hui ses 62 ans alors qu’il n’est plus indemnisé par pôle emploi et qui est retraitable à taux plein à 62 ans et demi, ne prendra pas sa retraite de façon immédiate et attendra les 6 mois nécessaires, sauf s’il est acculé financièrement.