Intérim : le recul s’accentue en juillet, la Bretagne particulièrement touchée

Publié le 22 septembre 2026


Après une amélioration au deuxième trimestre, l’emploi intérimaire repart nettement à la baisse en juillet. Les effectifs reculent de 3,7 % sur un an et tous les grands secteurs d’activité sont désormais dans le rouge. La Bretagne est particulièrement touchée avec une chute de 12,3 %.


Le secteur du travail temporaire espérait entrevoir une stabilisation après trois années consécutives de recul. Les chiffres de juillet viennent fragiliser cette perspective.

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736 760 emplois intérimaires en équivalent temps plein

-3,7 % Emploi intérimaire en juillet 2026 par rapport à juillet 2025.
736 760 Équivalents temps plein en juillet.
-12,3 % En Bretagne sur un an.
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Premier signal d’alerte : l’industrie bascule dans le rouge

C’était jusqu’ici le principal moteur de résistance du travail temporaire. Après une progression de 3,8 % en juin, l’intérim industriel recule de 0,3 % en juillet sur un an.

Le retournement est particulièrement significatif puisque l’industrie représente près de 40 % des effectifs intérimaires.

Industrie -0,3 %
Commerce -1,6 %
Services -2,1 %
Transports -5,1 %
BTP -12,6 %
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Deuxième signal : la dégradation gagne les territoires

Les écarts entre régions restent importants. Les territoires bénéficiant d’un tissu industriel dense résistent généralement mieux, mais leur dynamique ralentit.

Bretagne : -12,3 % La Bretagne connaît l’un des reculs les plus importants en juillet 2026 par rapport à juillet 2025. La Nouvelle-Aquitaine recule de 7,7 %. L’Auvergne-Rhône-Alpes (+1,1 %) et la Normandie (+1,7 %) restent en progression.
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Troisième signal : les employés particulièrement touchés

La baisse n'affecte pas toutes les qualifications avec la même intensité. Les employés enregistrent le recul le plus marqué, notamment sous l’effet de la faiblesse du commerce et de la logistique.

+2,6 % Cadres et professions intermédiaires
-3,5 % Ouvriers qualifiés
-4,9 % Ouvriers non qualifiés
-6,0 % Employés
CDI

Le CDI intérimaire poursuit son recul

Autre indicateur à surveiller : le CDI intérimaire représente désormais 39 500 ETP, soit 5,4 % des effectifs des agences d’emploi.

Ce contrat permet aux entreprises de travail temporaire de fidéliser certains salariés intérimaires tout en leur assurant une rémunération entre deux missions, en contrepartie notamment d’une obligation de disponibilité.

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L’incertitude budgétaire inquiète la profession

À cette dégradation de l’activité s’ajoute une incertitude : l’évolution éventuelle des allègements de cotisations patronales dans le cadre des discussions budgétaires pour 2027.

Les entreprises de travail temporaire sont particulièrement sensibles à l’évolution du coût du travail compte tenu du poids de la masse salariale dans leur chiffre d’affaires.

Une visibilité économique déterminante Au-delà du coût du travail, l’incertitude peut également conduire les entreprises clientes à différer leurs recrutements ou à ne pas remplacer certains salariés absents lorsque l’activité ne le justifie pas.
À retenir Après les signes d’amélioration observés au printemps, juillet marque un nouveau ralentissement de l’intérim. Le passage de l’industrie en territoire négatif, la dégradation dans plusieurs régions et la baisse importante des emplois d’employés constituent des signaux à surveiller dans les prochains mois.
Les données de la rentrée seront déterminantes pour savoir si le recul de juillet constitue un accident conjoncturel ou marque une nouvelle dégradation durable du marché du travail temporaire.

Sources :
Les Échos – Ninon Renaud – 15 septembre 2026
Baromètre Prism’emploi – Emploi intérimaire, juillet 2026