Après plusieurs années à la tête du groupe CFE-CGC au CESE, quel bilan tirez-vous de la dernière mandature ?
Un excellent bilan. L’organisation CFE-CGC s’est renforcée ces cinq dernières années avec un passage de 4 à 6 conseillers pour la mandature actuelle. Ceux présents ont tous été impliqués et engagés sur les sujets sur lesquels notre organisation travaillait. Pour s’assurer de bien retranscrire la ligne du syndicat, nous nous sommes beaucoup appuyés sur la publication confédérale « Restaurer la confiance ».
Notre groupe est également intervenu sur des groupes de travail où la CFE-CGC n'était pas représentée, notamment sur l'environnement et l'éducation. Car même sur des sujets sur lesquels la CFE-CGC n'a pas toujours de position arrêtée, ce sont des sujets d'actualité qui concernent tous nos adhérents et les citoyens. Celui de la fin de vie est un bon exemple puisqu’elle concerne le corps médical et toutes celles et ceux confrontés, personnellement ou dans leur proche cercle familial, à des maladies sans retour. Nous avons aussi été corapporteurs d'un avis sur le pouvoir d'achat dans les Outre-mer, et notre présence au bureau a permis de bien suivre toute la gouvernance.
Sur quels sujets ou avis le groupe CFE-CGC a-t-il pesé de manière significative ? Y a-t-il des positions que vous avez pu faire évoluer ?
De nombreux sujets ont été discutés comme l'industrialisation, la santé - notamment la bioéthique - et, récemment, la légalisation des tests génétiques, le pouvoir d'achat ou encore la transition énergétique. Tout au long de la mandature, nous avons par ailleurs milité pour l’introduction de conditionnalités des aides aux employeurs.
L’avantage du CESE est que les discussions sont apaisées. Dès lors qu'on fait référence au collectif ou aux droits existants, nous arrivons toujours à des compromis et des consensus, même sur des sujets clivants où chacun cherche à améliorer ses connaissances. Certes, toutes les positions de la CFE-CGC ne sont pas forcément partagées d'emblée. Mais ce sont des échanges, des débats. Sur les catastrophes climatiques par exemple, nous avons plaidé pour une meilleure solidarité et la mise en place de fonds dédiés.
Le CESE a un caractère consultatif : nous sommes le premier mot avant la loi et nous orientons les débats. Le CESE nous encourage également à sortir de nos « prés carrés » respectifs. Des thématiques comme l’intelligence artificielle ou la qualité de vie et des conditions de travail sont des sujets universels dans lesquels le statut de l'un ou de l'autre n'est pas forcément pertinent. Mais nous restons toujours vigilants sur tout ce qui pourrait toucher spécifiquement l’encadrement, en nous efforçant de reprendre les positions confédérales.
Y a-t-il des sujets sur lesquels vous auriez souhaité aller plus loin ou des contraintes qui ont freiné votre action ?
Un regret, oui : nous aurions souhaité davantage d'interactions avec le gouvernement et les deux autres assemblées (Assemblée nationale, Sénat). Sur cette dernière mandature, nous avons eu cinq gouvernements et près de 200 ministres. Lors des 18 derniers mois, le Premier ministre n'est intervenu au CESE que sur des sujets de dimension européenne, et nous n'avons eu qu'une seule occasion de poser des questions au gouvernement.